Thunderbird Partnership Foundation

Cannabis

Le cannabis pour la réduction des méfaits

Le cannabis réglementé sous supervision médicale peut être utile pour traiter la dépendance aux opioïdes, en apportant un soulagement au sevrage de la dépendance aux opioïdes ou pour gérer la douleur. Des recherches récentes sur le cannabis suggèrent qu’il pourrait y avoir un lien bénéfique avec d’autres types précis de gestion de la douleur.

Dans un contexte autochtone, les Aînés de tout le pays, issus de diverses cultures linguistiques, ont déclaré que le cannabis préparé d’une manière appropriée sur le plan culturel a été utilisé de deux manières précises : comme solution topique pour traiter la douleur, comme l’arthrite, et dans le cadre d’une cérémonie pour atténuer les symptômes de psychose, comme la schizophrénie. Il n’est ni fumé ni ingéré.

(Trousse d’outils sur les opioïdes et la méthamphétamine)

Comprendre le respect pour les remèdes

Les Aînés mettent en garde contre la façon dont les gens interagissent avec les médicaments, en enseignant qu’un médicament mal utilisé ou consommé abusivement affaiblit sa capacité d’agir et qu’il ne doit pas être utilisé pour une automédication. Il est crucial que l’esprit de la plante de cannabis soit respecté tant lors de la préparation que de l’utilisation du remède sous forme de réciprocité, par exemple en faisant une demande à l’esprit de la plante pour son remède.

Faits sur la consommation légale de cannabis à des fins récréatives

  • Au Canada, l’âge légal de consommation est de 18 ans. Les provinces, les territoires et les réserves peuvent augmenter cet âge.
  • La puissance du tétrahydrocannabinol (THC) est mieux contrôlée que celle du cannabis illégal.
  • Les lois contrôlent les produits chimiques utilisés pour la culture de la plante afin d’accroître la sécurité de sa consommation.
  • Les lois garantissent l’absence d’additifs nocifs (contrairement au cannabis de rue qui peut inclure du fentanyl, par exemple).
  • Les lois contrôlent qui peut acheter ou vendre du cannabis dans des dispensaires légaux strictement contrôlés. (Gouvernement du Canada, 2017)

Risques liés à la consommation de cannabis

Jeunes

  • Effets négatifs possibles lorsque consommé quotidiennement ou presque quotidiennement, avant l’âge de 25 ans et en grandes quantités.
  • Les personnes ayant des antécédents de dépendance ou de problèmes de santé mentale doivent éviter de consommer du cannabis.
  • Les femmes enceintes ou qui allaitent doivent éviter de consommer du cannabis.

Pour trouver des moyens de renouer avec la culture et les forces des Autochtones, visitez le site Web de la Thunderbird Partnership Foundation pour les jeunes à l’adresse http://cultureforlife.ca/index_fr.html.

Adultes

  • Les adultes des Premières Nations sont exposés à un risque de dépendance en raison des effets durables des tentatives de destruction des cultures (colonisation) et du traumatisme transmis des grands-parents aux parents aux jeunes (traumatisme intergénérationnel).
  • La consommation abusive nous expose, ainsi que nos familles et nos communautés, à un risque accru de préjudice.
  • Cependant, il a été prouvé que le fait de renouer avec la culture autochtone est un facteur de protection dans le rétablissement des toxicomanies et des problèmes de santé mentale.

(Thunderbird, 2017)

De quelle façon le cannabis est-il consommé?

(Gouvernement du Canada, 2018)

(Borgelt, L. Franson, K. Nussbaum, A. Wang, G., 2013)

Cannabis à fumer

  • Méthode la plus courante de consommation à des fins non thérapeutiques
  • Nécessite l’inhalation en fumant un joint, une pipe ou un bong
  • Libère des produits chimiques toxiques (environ 50 p. 100 du THC se transforme en fumée, le reste est perdu par la chaleur ou la fumée qui n’est pas inhalée)
  • Effets ressentis en quelques minutes

Cannabis à vapoter

  • Air chauffé aspiré à travers le cannabis, créant une fine pulvérisation à inhaler
  • Libère des cannabinoïdes et moins de produits chimiques toxiques que le cannabis fumé
  • Absorption accrue du THC par rapport au cannabis fumé
  • Peut avoir moins de symptômes respiratoires et d’effets négatifs sur les poumons que le cannabis fumé
  • Avantages potentiels pour le traitement des symptômes sévères, la stimulation de l’appétit, et le soulagement des nausées grâce à une absorption rapide

Consommation orale

  • Peut être ajouté aux biscuits et brownies, et consommés sous forme de thé et d’infusion
  • Les autres formes comprennent les beurres, les extraits, les teintures, les produits topiques, les pastilles et les produits en gélatine à base de cannabis.
  • Les extraits de cannabis à forte puissance (concentrés à 60 p. 100 de THC ou plus) augmentent le risque d’empoisonnement au cannabis. Une consommation régulière augmente le risque de dépendance, de troubles liés à la consommation de cannabis, et de troubles de santé mentale plus que la consommation de cannabis séché. (CCDUS, 2020)
  • Les effets sont retardés (une à quatre heures), mais durent plus longtemps (six à huit heures) que le cannabis fumé.
  • En raison du délai d’apparition des effets, les produits comestibles augmentent le risque de surconsommation et d’intoxication possible. (CCDUS, 2020)

Au sein de notre communauté des Premières Nations, certains membres consomment peut-être du cannabis d’une manière qui n’est pas réglementée ou conseillée. Il est important de partager des informations sur la consommation de cannabis afin que les personnes puissent prendre des décisions éclairées. Si vous connaissez une personne qui choisit de consommer du cannabis, adoptez, dans la mesure du possible, une approche communautaire de soutien pour surmonter les défis et favorisez l’utilisation d’outils appropriés sur le plan culturel lorsqu’ils sont disponibles. (Thunderbird, 2017)

Le cannabis crée-t-il une dépendance?

Oui. Selon le Système de gestion de l’information sur les toxicomanies (SGIT), 89 p. 100 des jeunes âgés de 12 à 17 ans qui entrent en traitement consomment fréquemment du cannabis.

Mais les jeunes peuvent contrecarrer les méfaits potentiels du cannabis en intégrant des environnements d’apprentissage et une culture favorables tout au long de leur traitement comme le montre l’augmentation de la fréquentation scolaire après le traitement. (Thunderbird, 2017)

Le cannabis et nos forces

Le Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières Nations permet de comprendre qu’il faut rappeler aux peuples des Premières Nations leurs forces et leur résilience et comment ces dons peuvent constituer des solutions de rechange à la consommation de cannabis et réduire les méfaits potentiels. Nous pouvons faire appel à nos forces lorsque nous prenons une décision éclairée sur le cannabis. La compréhension de nos propres forces et des secteurs susceptibles d’être améliorés peut renforcer la confiance en soi et l’espoir pour l’avenir.

Apprendre à se lier à la culture plutôt que de consommer du cannabis

  • S’asseoir avec un Aîné pour apprendre et prendre le thé
  • Participer à un cercle de discussion
  • Si vous vous sentez dépassé, participer à une cérémonie de purification ou de sudation
  • Si vous vous ennuyez, participer à une activité culturelle ou à une pratique sociale ou cérémoniale
  • Passer du temps sur le terrain
  • Apprendre à récolter et à utiliser des remèdes et des aliments naturels

Le cannabis et votre cerveau

Effets immédiats

  • Couleurs plus vives
  • Altération du sens du temps
  • Sautes d’humeur
  • Incapacité de se déplacer correctement
  • Difficulté de penser
  • Difficulté à résoudre les problèmes
  • Troubles de la mémoire
  • Hallucinations (à fortes doses)
  • Délires (à fortes doses)
  • Psychose (à fortes doses)

Effets à court terme

  • Mouvement
  • Jugement
  • Récompense
  • Mémoire
  • Coordination
  • Sensations
  • Vision

Effets à long terme de la consommation régulière de cannabis (surtout pendant le développement du cerveau)

  • Diminution de l’attention et de la concentration
  • Perte de mémoire
  • Difficultés d’apprentissage
  • Troubles cognitifs
  • Peut affecter la santé mentale et augmenter le risque de suicide
  • Intelligence : Les gens qui ont commencé à fumer beaucoup à l’adolescence et continué à l’âge adulte ont perdu en moyenne huit points de quotient intellectuel.
  • Dommages pulmonaires similaires aux effets de la fumée du tabac
  • Niveaux de dopamine plus faibles dans le cerveau, entraînant un manque de motivation (Thunderbird, 2019)

La consommation de cannabis et la grossesse

  • La consommation de cannabis n’est pas recommandée pendant la grossesse. Elle peut affecter le développement du cerveau, le comportement et la santé mentale de l’enfant.
  • Les bébés nés de mères ayant consommé du cannabis pendant la grossesse ont un poids plus faible à la naissance et pourraient avoir des comportements découlant de cette consommation comme l’impulsivité.
  • La consommation de cannabis pendant la grossesse peut augmenter le risque que l’enfant consomme des substances plus tard dans la vie.

Quel est l’effet de la consommation de cannabis sur le lait maternel?

  • Les cannabinoïdes (THC) se concentrent dans le lait maternel et peuvent être transmis au nouveau-né.
  • Les bébés qui ont été exposés au cannabis par le lait maternel peuvent avoir de la difficulté à prendre le sein et avoir des effets de somnolence.
  • Fumer du cannabis peut exposer le nouveau-né à la fumée secondaire. (CEWH, 2016)

Réduction des méfaits

Le cannabis thérapeutique peut être une solution de rechange plus sûre aux opioïdes lorsque possible puisqu’il réduit les méfaits globaux associés aux opioïdes (une surdose de cannabis en soi n’est pas mortelle, alors que des milliers de personnes meurent d’une surdose mortelle d’opioïdes). (Kanate et autres, 2015)

Nous ne pouvons pas toujours changer l’environnement ou les influences qui nous entourent. Cependant, nous pouvons changer nos relations avec nous-mêmes, notre famille, notre communauté et la Création. Une relation saine avec soi-même comprend l’amour inconditionnel, le pardon et un dialogue intérieur constructif.

Façons de réduire les effets négatifs du cannabis consommé à des fins récréatives

  • Si vous décidez de consommer du cannabis, commencez par une petite dose et consommez‑en seulement de temps à autre.
  • Consommez seulement du cannabis provenant d’une source fiable pour réduire la probabilité d’y retrouver des contaminants nocifs.
  • Évitez un empoisonnement accidentel en ne consommant pas lorsque vous êtes seul et en contrôlant votre consommation.
  • Évitez de consommer de l’alcool ou d’autres drogues en même temps. (Thunderbird, 2017)

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