Thunderbird Partnership Foundation

Définitions et terminologie

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Consluter les concepts clés du cadre CCMMPN

Activités culturelles

Activités de nature culturelle (c’est-à-dire sueries, cérémonies de purification, aînés, langue, etc.).


Admission

Les procédures initiales d’administration et d’évaluation régissant l’admission à un programme de traitement.


Aiguillage

Le processus permettant de recommander l’admission d’une personne à un programme de traitement après une évaluation. Après le traitement, certains programmes de traitement recommanderont une ligne de conduite pour le traitement et la post observation à l’agence d’aiguillage.


Aptitudes à la vie et développement personnel

Une série d’activités enseignées à des groupes et à des individus afin d’améliorer leurs aptitudes sociales et personnelles


CAAPC

Le Conseil Autochtone d’agrément professionnel du Canada. Autrefois connu comme sous le nom du First Nations Wellness/Addictions Counsellor Certification Board (FNWACCB).


Cadre CCMMPN

Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières Nations.


Cadre HNF

Honorer nos forces : Cadre renouvelé du programme de lutte contre les toxicomanies chez les Premières nations du Canada.


Consultation de professionnels

Entrer en rapport avec d’autres professionnels afin d’assurer des soins complets dispensés au client.


Consultations externes

Traitement offert sur une base non résidentielle, habituellement dans le cadre de séances périodiques (par exemple 1 à 2 heures/semaine).


Dépistage d’admission

Le processus permettant de déterminer quels clients conviennent et sont admissibles à un programme particulier.


Désintoxication

Rétablissement des effets toxiques d’une drogue ou d’une substance par le retrait des propriétés toxiques de la substance visée.


Division du soutien des programmes de santé (DSPS)

La DSPS est responsable de la coordination nationale de la plupart des programmes de santé communautaire destinés aux collectivités des Premières nations et des Inuits, y compris le Programme national de lutte contre l’abus de l’alcool et des drogues chez les Autochtones (PNLAADA) et le Programme national de lutte contre l’abus de solvants.


Double dépendance

Une affection caractérisée par un désir irrépressible de continuer à prendre les drogues ou les substances auxquelles on est devenu accoutumé par suite d’une consommation répétée, habituellement accompagné d’une compulsion à obtenir les substances visées.


Éducation sur l’alcoolisme et autre sensibilisation antidrogue

Une affection caractérisée par un désir irrépressible de continuer à prendre les drogues ou les substances auxquelles on est devenu accoutumé par suite d’une consommation répétée, habituellement accompagné d’une compulsion à obtenir les substances visées.


Évaluation

Procédures systématiques prévues pour la détermination des grands points forts et des éléments problèmes d’un client, aboutissant à un plan de traitement et à l’aiguillage à des fins d’aide.


FNWACCB

Le First Nations Wellness/Addictions Counsellor Certification Board. Cet organisme a changé de nom le 29 octobre 2014 pour devenir l’Indigenous Certification Board of Canada (ICBoC)- Le Conseil Autochtone d’agrément professionnel du Canada (CAAPC).


Gestion de cas

Un processus comprenant l’évaluation permanente des points forts, des points faibles et des besoins actuels, la planification permettant de déterminer les services pertinents en fonction des besoins particuliers du client. Le processus comprend la surveillance et l’évaluation permanentes des progrès et l’intercession de la part du client afin d’assurer que le système de traitement répond équitablement et efficacement aux besoins du client.


Hallucinogènes

Une substance qui provoque l’excitation du système nerveux central caractérisée par des hallucinations, des changements d’humeur, de l’anxiété, une distorsion sensorielle, des idées délirantes, et la dépersonnalisation.


Intervention en cas de crise

Les services qui répondent aux besoins d’un alcoolique ou d’un toxicomane lors de détresse émotive et (ou) physique aiguë.


Ludothérapie

Des activités qui sont agréables, animées et qui permettent de revivifier une personne. Des activités qui sont bénéfiques : présentent des propriétés de guérison, qui rétablissent l’état antérieur du client ou qui lui permettent de devenir ce qu’il veut devenir.


Orientation

Décrire au client la nature générale et les objectifs du programme, les règles régissant la conduite du client et les infractions pouvant entraîner des mesures disciplinaires ou le renvoi du programme, les coûts de traitement à la charge du client, le cas échéant, ainsi que les droits du client.


PLASJ / PNLASJ

Programme de lutte contre l’abus de solvants chez les jeunes (désigne habituellement une agence régionale)/ Programme national de lutte contre l’abus de solvants chez les jeunes.


PNLAADA

Programme national de lutte contre l’abus de l’alcool et des drogues chez les Autochtones.


Rapports et tenue de dossiers

Inscription des résultats de l’évaluation et du plan de traitement au dossier. Rédaction de rapports, de notes d’évolution du client, de sommaires du congé et d’autres données reliées au client.


Santé /bien-être holistique

L’approche holistique de la santé fait partie intégrante d’une forte identité culturelle. Beaucoup de communautés des Premières Nations estiment que les interventions holistiques adaptées à la culture permettent d’atteindre un mieux-être (c’est-à-dire un équilibre dans les aspects mental, physique, émotionnel et spirituel de la vie) chez l’individu, dans la famille et dans la communauté. « (Santé Canada et l’Assemblée des Premières Nations. Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières Nations. Ottawa : Santé Canada, 2015. 33.) »


Sécurité culturelle

«La sécurité culturelle fait référence à ce qui est ressenti et vécu par le patient dans une relation de soins surtout quand le fournisseur communique avec le patient d’une façon respectueuse et inclusive qui incite le patient à participer aux processus décisionnels. Cette communication doit renforcer la relation de soins de sorte que le patient et le fournisseur puissent travailler en équipe afin d’assurer la plus grande efficacité des soins. Les rencontres culturellement sécuritaires de ce genre exigent une grande compréhension de la part du fournisseur qui doit comprendre que tous les patients de ce groupe qu’il traite ne se comportent pas de la même façon et n’ont pas forcément les mêmes croyances.» (Ministère de la santé de la Nouvelle-Écosse. Guide de compétence culturelle pour les professionnels de soins de santé primaires en Nouvelle-Écosse. 2005.)

Des pratiques sécuritaires du point de vue culturel comprennent notamment des mesures qui reconnaissent et respectent les identités culturelles d’autrui et satisfont en toute sécurité les besoins, les attentes et les droits de celui-ci; à l’opposé des pratiques culturelles dangereuses; dont celles qui diminuent, dévalorisent ou marginalisent l’identité culturelle et le bien-être d’un individu. » (Nursing Council of New Zealand. Guidelines for cultural safety, the treaty of Waitangi, and Maori health in nursing and midwifery education and practice. Wellington: Nursing Council of New Zealand, 2002)


Services d’interprétation

Assurer la traduction par le truchement de l’interprétation.


Soins de suivi/Post-observation

La période qui commence lorsque le client quitte un programme de traitement officiel et que les professionnels du traitement ne voient plus périodiquement et directement le client dans le cadre de thérapies de groupe ou individuels et collectifs. Le client assume la responsabilité de son propre rétablissement, de préférence avec l’aide de sa famille, de groupes de soutien et d’autres personnes.


Solvants

Produits chimiques produits à partir de produits pétroliers. Il s’agit de produits qui sont volatiles, qui s’évaporent rapidement à la température de la pièce, ce qui les rend populaires comme base pour les produits qui doivent être séchés rapidement. Exemples : enduits pâteux, certaines colles (modèles réduits d’avions), produits de nettoyage, détachants, marqueurs et liquide correcteur pour dactylographie.


Stupéfiants

Terme désignant une substance, dérivée de la graine de pavot (opium), qui provoque une insensibilité ou de la stupeur, qui peut modifier la perception de la douleur, produire un sentiment d’euphorie, des changements d’humeur et une obnubilation intellectuelle.


Suivi

Un moyen de recueillir des données et de l’information sur les progrès accomplis par les clients au cours de la période de rétablissement. Le suivi permet de recueillir des renseignements sur les clients sur un laps de temps et il sert de moyen de mesure de l’efficacité et de la réussite du programme.


Thérapie individuelle et de groupe

L’utilisation d’aptitudes spéciales pour aider les individus, les familles ou les groupes à réaliser les objectifs par le truchement de : l’exploration d’un problème et de ses ramifications, l’examen des attitudes et des sentiments, l’examen des solutions de rechange, et la prise de décisions.


Traumatisme intergénérationnel/ traumatisme transgénérationnel

Le traumatisme qui passe des survivants à leurs enfants et autres générations à venir de leurs descendants par des mécanismes complexes du trouble de stress post-traumatique. Le traumatisme intergénérationnel en cours issu du colonialisme a endommagé l’intégrité culturelle et la santé holistique des peuples et communautés autochtones. Alors que certains événements et politiques ont eu des effets néfastes sur de nombreuses populations autochtones (séparation de leurs terres, dissolution des communautés, oppression, pensionnats, rafle des années soixante, marginalisation et aboriginalisme), il importe de savoir que certaines collectivités ont également connu leurs propres traumatismes. Cela signifie donc que chaque communauté aura des besoins à lui propre dans son cheminement vers la guérison.


Troubles concomitants (jadis appelés diagnostic mixte ou troubles jumelés)

Se dit généralement d’une situation où d’une personne ayant un trouble psychiatrique en plus d’une toxicomanie ou d’un problème de jeu. Bien que ces troubles puissent interagir différemment d’une personne à l’autre, au moins un trouble de chaque type peut être diagnostiqué indépendamment de l’autre.


Utilisation de solvants

L’inhalation délibérée des émanations de solvants organiques volatiles, de carbures d’hydrogènes présents dans les aérosols, et qui ont tous des propriétés psychoactives.


YSAC

Comité sur l’abus de solvants chez les jeunes.


Termes clés du cadre CCMMPN

La Thunderbird Partnership Foundation, 2018

Aîné

En termes traditionnels, un aîné est également un spécialiste des cérémonies, des enseignements traditionnels, de la langue et du patrimoine en ce qui a trait à l’esprit, au corps, aux émotions et à l’âme. Étant donné que l’expérience, l’apprentissage, la personnalité et les connaissances de la culture traditionnelle de chaque individu lui sont uniques, tout le monde a potentiellement quelque chose de différent à offrir. Certaines personnes peuvent être des spécialistes de certains enseignements, cérémonies ou pratiques de guérison, tandis que d’autres ont leurs expertises ailleurs. Bien que l’âge en soit un facteur pour être considéré comme Aîné, d’autres facteurs entrent en jeu, même comme dans une certaine mesure, c’est lorsque l’on a franchi assez d’étapes dans la vie que l’on puisse jeter un regard rétrospectif et y réfléchir.


Compétences générales d’un Aîné :

  1. connaissance des traditions culturelles, notamment les cérémonies, les enseignements et le cheminement spirituel tout au long de la vie;
  2. parle une langue des Premières Nations (idéalement);
  3. adopte une vie culturelle grâce à un mode de vie sain;
  4. suffisamment âgé pour avoir atteint un niveau d’expérience selon lequel il est approprié pour lui de communiquer ce qu’il a appris de la vie ainsi que de la culture et du savoir autochtones;
  5. reconnu et respecté par la communauté pour sa sagesse et sa capacité d’aider;
  6. possède des compétences et des connaissances variées;
  7. s’engage à l’égard de son propre apprentissage continu en tant qu’Aîné;
  8. peut interpréter la culture, la langue et les connaissances autochtones en fonction des besoins des peuples;
  9. souvent appelé à représenter les points de vue des Premières Nations et les symboles de la culture ou à s’engager activement à l’égard d’enjeux précis liés à la vie comme les problèmes de consommation de substances et la santé mentale.

Connaissance autochtone

Le savoir autochtone est ancré dans les langues d’origine des peuples autochtones. Celui-ci est orienté par l’esprit et appliqué par l’entremise des pratiques culturelles qui transcendent les générations et le temps. Le savoir autochtone peut donc être retracé jusqu’à sa source et son sens originels tels qu’on l’applique dans des contextes contemporains. Agir à partir de la centralité autochtone signifie que l’on affirme, fait valoir et prône la façon de voir, de tisser des liens, de penser et d’agir autochtones comme étant inhérente et essentielle aux façons de savoir autochtone.


Guérison rattachée à la terre

La terre a toujours été fondamentale en matière de santé et d’identité culturelle des peuples autochtones. Une croyance répandue chez les autochtones est celle voulant que toutes les vies soient interreliées, qu’il s’agisse de celle de l’espèce humaine ou de la Création tout entière (animaux, plantes, rochers, forces visibles et invisibles de la nature, l’univers) et que celles-ci coexistent en équilibre, dans l’harmonie, avec respect et bienveillance. Vivre sur la terre depuis des générations a permis aux peuples autochtones de développer une compréhension du bien-être qui est plus vaste que ne l’est le concept occidental de la santé (considérée comme étant l’absence de la maladie); une compréhension qui englobe les dimensions physique, émotionnelle, intellectuelle et spirituelle. Un bon niveau de vie ou le mieux-être se conçoit également de la même façon par bon nombre de peuples autochtones. La terre est ainsi perçue comme constituant un être vivant, respirant et conscient qui guérit et enseigne, et constitue donc la source d’une identité culturelle positive et d’un bien-être équilibré.


Guérison traditionnelle / Interventions culturelles

La guérison traditionnelle ou pratiques culturelles comme interventions sont des façons courantes de parler du recours aux connaissances et aux pratiques autochtones pour soutenir le mieux-être. Les pratiques culturelles telles que les cérémonies portent sur la personne dans sa globalité, tandis que d’autres interventions peuvent être plus ciblées. Les pratiques ou les interventions de guérison culturelle sont facilitées par des personnes dont les compétences et les connaissances en matière de culture sont reconnues, étant donné que ces dernières vivent la culture et sont sanctionnées par les enseignants culturels ou par la communauté, ainsi que par l’Esprit qui leur octroient le droit de diriger ou de faciliter une certaine activité culturelle. Cependant, certaines interventions culturelles, généralement non cérémonielles, ne nécessitent pas ce niveau d’expertise — par exemple l’utilisation de remèdes sacrés pour le smudge (cérémonie de purification), bien que cela diffère d’une culture à l’autre. Toutes les interventions culturelles exigent un niveau de compétence culturelle conforme à la culture des gens vivant sur la terre où celle-ci se pratique. Force est de rappeler, s’il en était encore besoin qu’il ne s’agit pas ici d’une seule culture, car la culture se définit par la terre, la langue et la nation du peuple. On dénombre un large éventail de pratiques de guérison traditionnelle dont la source est les langues et les cultures autochtones. Il existe également différents types de pratiques communes à toutes les cultures, tandis que d’autres sont particulièrement ancrées dans la culture et les traditions locales.


Praticiens culturels

Le terme pratiquant culturel a été créé afin d’identifier ceux jouissant des droits sanctionnés par la communauté à diriger, mener, faciliter ou à enseigner certaines pratiques culturelles, mais qui ne se sont pas encore fait identifier comme Aîné par la communauté, laquelle doit leur reconnaître le droit à la pratique. Un praticien culturel n’est pas simplement quelqu’un qui vit un style de vie traditionnel ou quelqu’un qui participe à des activités culturelles, coutumes ou cérémonies. La crédibilité d’un praticien culturel est tributaire des connaissances et compétences de ce dernier, lesquelles ont été identifiées, définies et sanctionnées par la communauté. Le processus de reconnaissance repose sur l’observation attentive, l’enseignement, le mentorat et la responsabilisation du développement des connaissances sacrées autochtones des praticiens culturels, l’observation des protocoles culturels et le souci de l’interprétation et de l’application de ces connaissances et pratiques. Ces personnes doivent être reconnues par la communauté, et la sanction communautaire influence le niveau d’engagement des participants. Les communautés autochtones, les sociétés sacrées et culturelles constituent la source des droits reconnus, de la crédibilité, des protocoles et du champ d’application. Les praticiens de la culture sont souvent des apprentis des Aînés, travaillant en étroite collaboration avec les Aînés et les Spécialistes des cérémonies, ou alors ils peuvent devenir praticiens culturels par suite de legs de paquets sacrés détenus dans leurs familles.

Les rôles d’un praticien de la culture incluent les suivants :

  1. agit comme conseiller;
  2. dirige des camps situés sur la terre;
  3. enseigne les langues, les connaissances et le savoir autochtones;
  4. mène des cérémonies au sein d’un champ de pratique autorisé;
  5. utilise des remèdes naturels (cueillette, préparation, mélange, entreposage, prescription, administration);
  6. reçoit du mentorat en matière de guérison spirituelle;
  7. veille au développement communautaire et à la défense des intérêts;
  8. assure le leadership et la gouvernance;
  9. facilite les pratiques de promotion de la vie qui soutiennent le cheminent spirituel des êtres humains aux différentes étapes de la vie ou sur le chemin de la vie;
  10. accomplit toute autre tâche nécessaire.

Protocole de soins

Un protocole de soins présente toutes les options de soins pertinentes pour un individu, une famille ou une communauté dans le traitement du mésusage de substances, des traumatismes intergénérationnels, ou dans un cheminement vers le mieux-être. Le protocole de soins est un processus long, il inclut la préparation en vue des soins et fait appel à la collaboration entre les divers prestataires de services pour assurer une continuité dans les relations. Il inclut également les activités de services externes, la sortie d’un service, la transition entre les services et le suivi. Un protocole de soins peut aussi intégrer des soutiens naturels ou informels en provenance de la communauté.

L’objectif d’un protocole de soins est d’accroître la qualité des soins tout au long du continuum en assurant une progression vers des résultats culturellement pertinents, la promotion de la sécurité, une satisfaction accrue et en maximisant l’utilisation des ressources. Le protocole de soins ne présuppose pas qu’un type de service particulier est la seule option, il identifie les services nécessaires selon les besoins de l’individu, de la famille ou de la communauté.


Toxicomanie / Dépendance

La toxicomanie consiste en un mésusage répétitif d’une ou plusieurs substances psychoactives, visant l’intoxication périodique ou chronique, ainsi que la compulsion d’utiliser la/les substances privilégiée/s. La toxicomanie est caractérisée par une grande difficulté à cesser l’usage ou à modifier ses habitudes de consommation de façon volontaire, tout en démontrant une détermination à obtenir les substances psychoactives par tous les moyens nécessaires. La toxicomanie peut se développer de manière progressive et avoir des effets très destructeurs sur la santé.


Traumatisme intergénérationnel

Les effets intergénérationnels des expériences traumatisantes subies par le passé peuvent se manifester de différentes manières et avoir de nombreuses répercussions, notamment spirituelle, émotionnelle, mentale et physique sur les individus, les familles et collectivement sur l’ensemble de la communauté autochtone. Par exemple, les populations autochtones exposées à des expériences traumatisantes collectives discrètes ou chroniques (la déconnexion de sa langue d’origine, des terres ancestrales et de sa lignée du fait de la réinstallation forcée, des pensionnats, des systèmes de protection de l’enfance et 3 de justice) transmettent les répercussions de ces expériences aux générations suivantes, et ce de plusieurs manières, notamment au moyen de la génétique, ainsi que par des phénomènes psychologiques et comportementaux.


Concepts clés du cadre CCMMPN

La section suivante présente les concepts clés du cadre CCMMPN.

Approches fondées sur les forces

Les approches fondées sur les forces ou les atouts reconnaissent et s’appuient sur les forces et les atouts dont jouit déjà un individu, un groupe ou une communauté. Il s’agit donc d’une approche respectueuse de la résilience de l’individu, du groupe et de la communauté. Celle-ci voit le potentiel là où d’autres voient le besoin; elle vise la promotion de relations positives basées sur l’espoir pour l’avenir. La continuité culturelle en constitue un fondement des forces. Bien que la culture ne soit pas souvent reconnaissable dans les communautés des Premières Nations, il s’avère essentiel de reconnaître que celle-ci est un mode de vie et non une foule de pratiques ou de façons de faire. Inhérente à une approche axée sur les forces de la culture est la reconnaissance des moyens naturels dont les communautés des Premières Nations continuent de bénéficier en tant que peuples distincts, malgré les défis auxquels celles-ci sont confrontées. L’approche se fonde sur la croyance fondamentale que l’on retrouve dans toutes les cultures autochtones, selon laquelle c’est le Créateur ou le Grand Esprit qui a donné aux peuples autochtones leurs identités et malgré les effets de la colonisation et l’assimilation, leur don de l’identité intrinsèque perdure.

Une des principales valeurs des autochtones est la croyance en des forces et des actifs, faisant fi des faiblesses et des déficits — une croyance qui tire son origine des Histoires de la création autochtones, lesquelles apprennent aux peuples autochtones que leurs dons inhérents leur sont offerts par le Créateur – des dons communément appelés gentillesse, bienveillance, honnêteté et force. À toute fin pratique, une approche fondée sur les forces facilite l’apprentissage partagé et le soutien entre les services communautaires et les secteurs des déterminants sociaux de la santé. Encore plus fondamentale à une approche fondée sur les forces est la conviction qui veut que lorsqu’ils s’engagent à faire quelque chose, les gens se montrent débrouillards et puissent trouver eux-mêmes des solutions à leurs propres problèmes. Ce qui est également essentiel à cette approche c’est la promotion des relations de collaboration avec les clients. En général, les approches fondées sur les forces facilitent une façon de faire qui part de la croyance selon laquelle :

  1. les personnes (clients, communautés, partenaires) possèdent déjà certaines compétences;
  2. les Premières Nations possèdent des ressources culturelles importantes et, avec le soutien approprié, elles peuvent appliquer les connaissances autochtones dans les services communautaires;
  3. les Premières Nations sont capables d’apprendre de nouvelles compétences et connaissances leur permettant de répondre à leurs problèmes;
  4. les Premières Nations peuvent s’impliquer dans le processus de découverte et d’apprentissage;
  5. même dans les moments les plus sombres, les clients sont résilients.

La planification de la santé communautaire des Premières Nations devrait véhiculer des principes et des normes d’un point de vue autochtone tout en veillant à ce que les protocoles culturels et l’intégrité soient évalués avec la même intégrité que les normes de pratique fondées sur des données probantes. Par exemple, une norme de pratique pourrait être: les droits, les responsabilités et la sécurité du client. D’un point de vue occidental ou traditionnel sur la prestation de services, on peut entendre par droits une licence ou d’autres titres de compétence qui vérifient les connaissances, les compétences et le champ d’exercices. D’un point de vue autochtone, les droits de pratique peuvent être sanctionnés par des aînés, des détenteurs de connaissances autochtones, des sociétés sacrées ou par un gouvernement des Premières Nations ayant également en place des systèmes officiels liés à la reddition des comptes et la supervision du champ d’exercices.

Les aînés, les relations de parenté, les familles de clans/sociétés culturelles et la communauté sont les principaux facilitateurs des forces, des forces intrinsèques et des approches fondées sur les forces permettant de favoriser les résultats du mieux-être que sont l’espoir, le sentiment d’appartenance, le sens et le but.

Ressources :

  1. Brun, C., & Rapp, R. C. (2001). Strengths-based case management: Individuals’ perspectives on strengths and the case manager relationship. Social Work, 46(3), 278-88.
  2. Cwik, M., Tingey, L., Maschino, A., Goklish, N., Larzelere-Hinton, F., Walkup, J., & Barlow, A. (2016). Decreases in suicide deaths and attempts linked to the white mountain apache suicide surveillance and prevention system, 2001-2012. American Journal of Public Health, 106(12), 2183-2189.
  3. Dell, C. A., Dell, D. E., & Hopkins, C. (2005). Resiliency and holistic inhalant abuse treatment. Journal of Aboriginal Health, 2(1), 4.
  4. Digital Nations. About Digital Nations. Retrieved August 8, 2017. Tiré de : http://www.digitalnations.ca/about.html
  5. Il s’agit d’un partenariat entre Aboriginal Television Network et Animki See Digital Productions mettant à disposition 75 courts métrages et vignettes sur l’art, la culture et l’histoire autochtones afin de vous permettre d’approfondir vos discussions sur la culture, la guérison et la perspective fondée sur les forces. En voici quelques vignettes suggérées de la sélection Vistas: Little Thunder, Carrying Fire, Red Ochre.
  6. L’aîné Jim Dumont, Fondation autochtone nationale de partenariat pour la lutte contre les dépendances, le Projet Honorer nos forces : La culture autochtone comme intervention dans le traitement des dépendances (2014). Cadre de mieux-être ©. Muskoday, Saskatchewan: auteur. Instituts de recherche en santé du Canada, numéro de référence du financement AHI-120535.
  7. Gottlieb, L. (2014). Strengths-Based Nursing: A holistic approach to care, grounded in eight core values. American Journal of Nursing, 114(8), 24 – 32.
  8. Redko, C., Rapp, R. C., Elms, C., Snyder, M., & Carlson, R. G. (2007). Understanding the Working Alliance between Persons with Substance Abuse Problems and Strengths-Based Case Managers. Journal of Psychoactive Drugs, 39(3), 241-250.
  9. Formation sur la prise en charge axée sur les forces, formation certifiée de 2,5 jours offerte par la Thunderbird Partnership Foundation.
  10. Thunderbird Partnership Foundation. (2016). How has Aboriginal Culture Helped. [Video]. Récupérée du site: http://www.tinyurl.com/cultureasintervention

Compétence culturelle

La compétence culturelle exige des fournisseurs de services, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des réserves, qu’ils soient conscients de leurs propres perceptions et attitudes concernant les différences culturelles, et qu’ils connaissent et acceptent les réalités culturelles et environnementales de leurs clients. Pour ce faire, il est aussi nécessaire de traduire les connaissances autochtones en réalités actuelles afin d’éclairer et de guider l’orientation et la prestation des services de santé et des aides de façon continue. (HNF 2011) 4

Ressource: — Étapes de transition vers la sécurité culturelle de la Thunderbird.


Continuum de soins

Un continuum de soins se rapporte à l’accès au panier complet de services en mieux-être mental. Un continuum de soins assure l’accès à des services adéquats et culturellement appropriés, selon les besoins des individus, des familles et des communautés, tout au long du processus de guérison. Ces services comprennent :

  • La promotion de la santé, la prévention, le développement communautaire et l’éducation
  • Le dépistage précoce et l’intervention
  • La réponse en cas de crise
  • La coordination et la planification des soins
  • La désintoxication
  • Le traitement tenant compte des traumatismes
  • Le soutien et suivi des soins

(HNF 2011)

Opportunité de formation :
Tiré de Faciliter les soins : un continuum de soins, une formation offerte par la Thunderbird Partnership Foundation.

Un modèle pour guider la facilitation des soins et la gestion de cas
Identifier les besoins d’une personne qui ne sont pas rencontrés par un professionnel ou l’agence de la santé publique et assister la personne dans l’utilisation des systèmes de soutien et des ressources communautaires disponibles, requérant une capacité de la part de l’aidant à identifier et communiquer avec les diverses ressources communautaires.

  • Identifier le/s besoin/s et/ou problème/s qui ne sont pas rencontrés par l’agence ou l’intervenant.
  • Expliquer les raisons de l’aiguillage à la personne.
  • Établir une correspondance entre les besoins et/ou les défis de la personne et les ressources appropriées.
  • Respecter les lois applicables, les règles et les politiques qui gouvernent les procédures relatives à la protection de la confidentialité du client.
  • Assister le client dans l’utilisation d’un système de soutien et des ressources communautaires disponibles.

Culture

Bien qu’exprimant la culture de nombreuses différentes façons, les diverses Premières Nations partagent certains croyances et concepts fondamentaux qui appuient une définition unifiée de ce que c’est que la culture autochtone. Ce qui suit porte sur ces concepts de base de la vision du monde autochtone.

L’Esprit : L’élément le plus fondamental dans la vision du monde autochtone est l’Esprit. Dans cette réalité, l’esprit est logé dans un concept inclusif corps-esprit-cœur-âme. Dans notre vie dans ce monde terrestre, ces derniers travaillent ensemble et fonctionnant de manière inséparable comme un tout. L’esprit est toujours l’élément central et travaille toujours en relation avec les autres niveaux de l’être. L’esprit est dans toutes choses et au sein de toutes choses. Selon la vision du monde autochtone, nous vivons dans un univers spirituel et dans une relation spirituelle.

Le cercle : Le cercle, plus que tout autre symbole, exprime le mieux la vision autochtone du monde. Le cercle est primordial à toute vie et à tous les processus de la vie. Celui-ci est également d’une importance primordiale dans la relation que nous entretenons avec la vie et à la compréhension qu’on a de la vie elle-même dans toutes ses dimensions et sa diversité. Les êtres humains, entre autres êtres, sont en harmonie avec le flux de la vie et atteignent leur plus grand épanouissement lorsqu’ils fonctionnent eux aussi de manière circulaire. Alors, étant primordial, le Cercle influence de toutes les façons possibles notre vision du monde. Le Cercle est synonyme de Complétude. La Complétude renvoie à la perception de l’intégralité indivisible des choses. Voir de manière circulaire, c’est envisager l’interconnexion et l’interdépendance dans la vie. La Complétude de la vie est le cercle de la vie.

Harmonie et équilibre : Le désir d’harmonie est une prédisposition du monde entier créé. L’harmonie est une valeur centrale de la vision du monde autochtone, laquelle présuppose que toute la vie se soucie consciemment les uns des autres et, tout en respectant l’autonomie de l’individu, s’efforce d’établir et de maintenir une interrelation qui assure la qualité de vie au tout collectif. L’équilibre est un principe fondamental dans la façon dont fonctionne l’harmonie dans l’interrelation. Une vision du monde qui suppose une disposition à l’équilibre amène les gens à voir le caractère dynamique de leur monde réel comme s’efforçant toujours de maintenir un équilibre et une symétrie dans tous les aspects de l’économie totale de son écologie. Autrement dit: la personne autochtone voit le monde comme s’efforçant toujours et naturellement à maintenir un équilibre et une symétrie — toute chose finira par essayer de parvenir à une solution équilibrée. La valeur de l’harmonie fonctionne bien dans une telle vision du monde, car elle suppose que les gens se penchent vers ce même équilibre et, par conséquent, désirent être en harmonie les uns avec les autres.

Toutes mes relations : Tout ce qui est créé se soucie consciemment de l’harmonie et du bien-être de la vie; toutes les choses sont considérées comme des personnes et des parents. La personnalité ne s’applique pas seulement aux personnes humaines, mais les plantes, les arbres, les animaux, les rochers et les forces visibles et invisibles de la nature sont eux aussi considérés comme des personnes. Parce que ceux-ci sont des personnes, ils disposent de la gamme et des qualités de la personne qui communément dans l’idéologie occidentale sont exclusivement attribuées aux personnes humaines. Une fois que cette vision est acceptée, la perception prédominante de l’autre que l’être humain s’en trouve élevée à une qualité d’être supérieure et fait passer la nature des relations vers un niveau éthique inclusif. Nous sommes tous liés les uns aux autres en tant que personnes, et Il nous incombe tous de maintenir de bonnes relations harmonieuses au sein de la famille élargie des personnes.

Gentillesse / bienveillance / respect : Une autre clé à la compréhension de la vision du monde autochtone est la reconnaissance du précepte fondamental qui veut que: l’univers se soucie. Le Créateur prend soin de sa création. La Terre se soucie de sa progéniture et de toute la vie terrestre. Les êtres dans la création se soucient les uns des autres et de la façon dont ils se rapportent les uns aux autres dans l’interconnexion et l’interdépendance de la toile de la vie, car c’est ainsi que la création est née de cette manière, elle se cultive et se nourrit au moyen d’une orientation sous-jacente vers la bonté. La clé de l’harmonie dans une vie conçue comme toutes mes relations est le respect. Le respect est entendu comme le fait d’honorer l’interdépendance harmonieuse de toute la vie, donc une relation réciproque et interpersonnelle. La personne autochtone est prédisposée à avoir intérêt au plus grand bien tant individuel que collectif.

Lien terrestre : Nous sommes tous parents parce que nous avons la même mère. Dans l’esprit autochtone, la personne humaine est faite de la terre et elle en est issue. Comme tout le monde créé, l’être humain fait partie de l’équilibre de la nature et doit trouver une place spéciale, mais interconnectée au sein du tout créé. La personne humaine est parente avec toutes les autres personnes de la Terre, et, au même titre que toutes les autres créatures, elle appelle la Terre, Mère. La Terre elle-même est un être vivant, respirant, et conscient; elle est complète, ayant un cœur ou des sentiments, une âme ou un esprit et une vie physique ou organique, à l’instar de tous les parents de la création.

Continuum du chemin de la vie : Vivre dans ce monde est une expérience assimilable à un voyage de l’esprit parcourant progressivement des étapes qui sont interconnectées et continues. C’est de la même manière que les vies sont interreliées entre générations telles des chaînes de vies nous reliant à nos ancêtres et à ceux qui ne sont pas encore nés.

Langue : La langue originelle est la communication la plus expressive de l’esprit, des émotions, de la pensée, du comportement et des actions du peuple. La langue est la voix de la culture et donc le moyen le plus vrai et le plus expressif de transmission du mode de vie et de la manière d’être originels dans le monde.

La culture est l’expression, les modes de vie, la pratique spirituelle, psychologique, sociale et matérielle de cette vision du monde autochtone. (J. Dumont, FANPLD 2014)

Exemple : Guide de référence d’Honorer nos forces: la culture comme intervention dans le traitement de dépendances. Bibliothèque de documents de la Thunderbird

Manuel de la Thunderbird Partnership Foundation: HNF, la Culture comme intervention

  • Définition du mieux-être
  • Définition de la culture
  • Intervention culturelle commune
  • Cadre de mieux-être autochtone
  • ÉMAMC

Pour obtenir des ressources axées sur les jeunes, consultez notre site Web: La Culture pour la vie


Déterminants sociaux de la santé des premières Nations

Gérance de l’environnement; services sociaux; justice, éducation et apprentissage tout au long de la vie; langue, patrimoine et culture; milieux urbain et rural; terres et ressources; développement économique; emploi; soins de santé; et logement.

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) reconnaît douze déterminants de la santé: culture, sexe, services de santé, revenu et statut social, réseaux de soutien social, éducation et alphabétisation, emploi et conditions de travail, environnements sociaux, environnements physiques, habitudes de santé personnelles et compétences d’adaptation, développement sain de l’enfant, et biologie et bagage génétique. La santé des Premières Nations est également touchée par un éventail de facteurs historiques et culturels précis (PNLAADA, 2011), dont la perte de la langue, les conditions historiques et l’identité culturelle.

L’APN reconnaît les déterminants sociaux de la santé des Premières Nations suivants : degré de préparation de la communauté, développement économique, emploi, gestion de l’environnement, sexe, conditions historiques et colonisation, logement, territoire et ressources, langue, héritage et importance de l’identité culturelle, équité juridique et politique, apprentissage tout au long de la vie, à l’intérieur et à l’extérieur de la réserve, racisme et discrimination, auto-détermination et non-domination, services sociaux et soutiens, ainsi que urbain et rural.

Étude de cas : FANPLD. Guide pour les services du PNLAADA, avec une emphase sur l’inclusion de la communauté, du développement communautaire à titre de pratique culturelle et de stratégies de prévention culturellement pertinentes. (Bibliothèque de documents de la Thunderbird

Voir le concept clé : Développement communautaire


Développement communautaire

Le développement communautaire fait référence à la prise en charge volontaire d’une communauté afin d’augmenter son mieux-être et sa santé globale. Les stratégies de développement communautaire ont davantage de succès lorsqu’elles sont dirigées par la communauté, qu’elles ont une perspective à long-terme, qu’elles sont planifiées, qu’elles reposent sur l’autonomisation, qu’elles ont une approche holistique, qu’elles favorisent l’appropriation et qu’elles augmentent la capacité de la communauté, tout en considérant le contexte social et économique. Ce contexte peut inclure l’influence du niveau d’éducation, des conditions de vie et de travail, de la pauvreté, de la sensibilisation à la culture et au langages traditionnel, aux environnement sociaux, à l’histoire de colonisation et l’accès aux services de mieux-être (HNF 2011). Un des éléments clés du développement communautaire est de connaître la situation de santé actuelle de votre communauté par rapport au déterminants sociaux de santé. Ce type de donnée peut servir de barème afin de mesurer la progression du changement.

Ressources :

  1. Community Waitakere. (2012). Community Development Evaluation Research: Case studies – Evaluation Frameworks in Community Development Organisations. Waitakere Auckland 0650, New Zealand.
  2. Indigenous Services Canada. (2012). Community Development and Capacity Building Framework. Version 4. First Nations and Inuit Health Branch, Indigenous Services Canada; and Aboriginal Affairs and Northern Development Canada.
  3. Little Black Bear & Associates (2011). Moving Toward a Stronger Future: An Aboriginal Resource Guide to Community Development available at Aboriginal Change
  4. Wesley-Esquimaux, C., & Calliou, B. (2011). Best Practices in Aboriginal Community Development: A Literature Review and Wise Practices Approach. By Wesley-Esquimaux and Calliou (2010). Banff: The Banff Centre
  5. Wood, S., K. (2008). “Asset-Based Community Development: A Case Study”. Theses and Dissertations (Comprehensive). Paper 902.

Panier de services

Un panier de services fait référence aux services essentiels requis pour rencontrer efficacement les besoins en mieux-être mental. Ces services sont :

  • La promotion de la santé, la prévention, le développement communautaire et l’éducation
  • Le dépistage précoce et l’intervention
  • La réponse en cas de crise (optimisation des atouts)
  • Coordination et planification des soins (cercle d’intervention)
  • Désintoxication
  • Traitement tenant compte des traumatismes
  • Soutien et suivi des soins

Exemple : Services en santé mentale, Première Nation Eskasoni
La Première Nation Eskasoni, en Nouvelle-Écosse, présente son panier de services de manière bien articulée dans un format facile à lire. Cliquez sur le lien suivant pour consulter la page d’accueil des services en santé mentale de la Première Nation Eskasoni (http://www.eskasoni.ca/Departments/25/) ainsi que la brochure décrivant leur offre de service (http://www.eskasoni.ca/uploads/applicationforms/EMHS_brochure.pdf).

Ressource : Développer un « Panier d’outils en santé mentale & en repérage et évaluation des dépendances » Pour usage auprès des clients des Premières Nations, Thunderbird Partnership Foundation. Bibliothèque de documents de la Thunderbird


Qualité des soins

La qualité des soins n’est pas déterminée par les indicateurs de soins de santé mesurables, elle se penche plutôt sur les éléments conceptuels de la qualité : les soins de qualité sont sûrs, efficaces, centrés sur le patient, opportuns, rapides et équitables. Ainsi, la sécurité est la fondation sur laquelle tous les autres aspects d’une qualité de soins se construisent. (Comité sur la qualité des soins de santé en Amérique. Crossing the quality chasm: A new health system for the 21st century. Washington, DC: National Academy Press; 2001.) La compétence culturelle et la sécurité sont essentielles à la qualité des soins auprès des Premières Nations. Elles sont le fondement pour établir des relations engageantes et collaboratives qui permettent aux Premières nations de contrôler et de diriger leurs propres soins de santé de manière à répondre à la complexité de leurs besoins.

Ressources :

  1. Trousse d’outils sur la sécurité culturelle pour les intervenants en santé mentale et toxicomanie chez les personnes issues des Premières nations, par la Thunderbird Partnership Foundation. Bibliothèque de documents de la Thunderbird
  2. Protocoles relatifs à la planification de l’admission, de l’aiguillage, du congé et des soins de suivi à l’intention des intervenants du PNLAADA, par la Thunderbird Partnership Foundation. Bibliothèque de documents de la Thunderbird
  3. Développer un « Panier d’outils en santé mentale & en repérage et évaluation des dépendances » Pour usage auprès des clients des Premières Nations, par la Thunderbird Partnership Foundation. Bibliothèque de documents de la Thunderbird
  4. Évaluation du mieux-être des autochtones (ÉMA), par la Thunderbird Partnership Foundation. Bibliothèque de documents de la Thunderbird
  5. Guide de référence du Cadre de mieux-être autochtone, par la Thunderbird Partnership Foundation. Bibliothèque de documents de la Thunderbird
  6. First Nations Community Health Planning Guide, Services aux Autochtones Canada

Réduction des méfaits

La réduction des méfaits fait référence aux politiques, aux programmes et aux pratiques visant la réduction des effets néfastes de la drogue, sans obliger la personne à cesser complétement son usage. Les stratégies de réduction des méfaits visent à diminuer les effets néfastes de l’usage de drogues non seulement pour le consommateur, mais aussi pour les familles, les amis et la communauté. Cette approche repose sur la conviction qu’il est préférable, à la fois pour l’usager et pour la société, de tenter de minimiser les conséquences négatives de l’usage de drogues, lorsque la personne ne veut pas ou est incapable d’arrêter de consommer. Les communautés des Premières Nations sont souvent mal à l’aise avec l’« approche » de la réduction des méfaits, car ces efforts sont perçus comme facilitant la maladie ou le mésusage de substance. Une manière simple et efficace d’ajuster cette perception est de présenter la réduction des méfaits non pas comme une approche ou un service axé sur les individus, mais plutôt axé premièrement sur les valeurs autochtones de la famille et de la communauté. Ainsi, présenter la réduction des méfaits comme des initiatives visant à « réduire les dommages » causé à la famille et à la communauté en se préoccupant des besoins spécifiques des individus peut être extrêmement utile, afin d’engager les communautés des Premières Nations dans ces initiatives positives pour les individus, mais davantage, pour les enfants, les jeunes, les familles et la communauté.


Sécurité culturelle

La sécurité culturelle va plus loin que la sensibilisation aux cultures et la sensibilité culturelle au sein des services. Elle comprend une réflexion aux différences culturelles, historiques et structurelles et aux rapports de force dans les relations de soins. Elle implique un processus continu d’auto réflexion et de croissance organisationnelle des fournisseurs de services et du système de soins permettant de répondre efficacement aux besoins des Premières nations (HNF 2011). La mise en œuvre de la sécurité culturelle est facilitée par des politiques, des procédures et des processus de flux de travail.

Boîte à outils : Une Trousse d’outils sur la sécurité culturelle pour les intervenants en santé mentale et toxicomanie chez les personnes issues des Premières Nations par Thunderbird Partnership Foundation. Bibliothèque de documents de la Thunderbird


Soins de suivi/Post-observation

Ce terme est très commun mais son application concrète reste difficile à exécuter. Tous les dialogues nationaux qui se penchent sur la question d’une « approche systémique des soins » identifient les soins de suivi comme une lacune à combler. La problématique provient principalement des notions de « début » et de « fin » découlant de l’idée de « suivi après soins ». Afin d’être efficaces, nous pourrions plutôt parler de « suivi de soins continus » en tant qu’élément clé, impliquant tous les prestataires de services et favorisant la responsabilisation du client. En réponse aux multiples interventions potentiellement nécessaires, à la supervision et au soutien continu, le concept de suivi de soins continu consiste à faciliter le niveau de soin requis par le client après traitement. Les services de soutien et de suivi cherchent à construire sur les bases solides établies par un programme spécifique ou un processus de traitement. Ils fournissent une structure de soutien active au sein des communautés et entre les divers services, afin de faciliter le cheminement à long terme des individus et des familles vers une réintégration positive dans la vie communautaire, une fois que le besoin pour le traitement intensif se dissipe. Les soins de suivi peuvent et devraient favoriser l’implication continue de travailleurs communautaires, d’intervenants professionnels, de groupes de soutiens et de praticiens culturels en mieux-être mental. Des soins de suivi efficaces comportent aussi de l’assistance relative au logement, à l’éducation ou à la formation, à l’emploi, ainsi qu’aux soins envers les enfants et au rôle de parent. Des étapes ou des phases aux soins de suivi, comportant une diminution de l’intensité des soins tout en conservant la capacité de les réintensifier, selon les besoins, serait aussi judicieux. L’implication de la famille élargie et d’un éventail de ressources communautaires (par ex. relatif à la culture, à l’héritage, au travail et au divertissement) pourrait également faire partie des soins de suivi.

Ressource : Guide sur les soins de suivi culturel, Thunderbird Partnership Foundation. Bibliothèque de documents de la Thunderbird


Soins tenant compte des traumatismes

Le concept de soins tenant compte des traumatismes fait référence à une structure organisationnelle et un cadre de traitement faisant appel à une compréhension, reconnaissance, et réponse aux effets de tous les types de traumatismes vécus tôt dans la vie (P. ex., le traumatisme à la suite de sévices pendant l’enfance, la négligence, être témoin de violence ou l’attachement perturbé) ou plus tard dans la vie (p. ex., du fait de la violence, des suites d’accidents, du fait d’une perte soudaine et imprévue ou d’autres événements de la vie qui échappent à son contrôle). Dans le cadre des soins tenant compte des traumatismes, la prise en charge va au-delà des conséquences au niveau de l’individu pour comprendre celles qui prendront beaucoup de temps pour guérir, transcendant des générations des familles et des communautés entières. Des expériences traumatisantes comme celles citées ci-dessus peuvent interférer avec le sentiment de sécurité, la capacité de prise de décisions, le sens de soi et d’autoefficacité, la capacité à réguler les émotions et à naviguer les relations chez une personne et chez des familles et communautés entières. Compte tenu du nombre de mauvaises expériences et de l’histoire des traumatismes dans les communautés des Premières Nations, une approche de traitement sensible aux traumatismes est fortement recommandée (CCMMPN 2015).

Une approche de prise en charge sensible aux traumatismes dans le traitement des traumatismes met l’accent sur la sécurité physique, psychologique et émotionnelle et des consommateurs et des prestataires, et permet aux survivants (individus, familles et communautés) à rebâtir un sentiment de contrôle et d’autonomisation (Trauma Informed Care Project). Dans le cadre des soins tenant compte des traumatismes, les collectivités, les fournisseurs de services ou les intervenants de première ligne sont mieux à même de comprendre les besoins et les vulnérabilités des clients des Premières Nations touchés par un traumatisme. Par exemple, comprendre que le traumatisme est une blessure plutôt qu’une maladie est essentiel au processus de guérison et fait évoluer la conversation de la question « Qu’est-ce qui ne va pas chez vous? » À « Qu’est-ce qui vous est arrivé? » (Klinic 2013)

Les systèmes et les organisations de prise en charge sensibles aux traumatismes dans le traitement des traumatismes fournissent à tous au sein du système ou de l’organisation des soins, en ayant une compréhension de base de l’impact psychologique, neurologique, biologique, social et spirituel que peuvent avoir les traumatismes et la violence sur les individus et les familles en situation de crise. Les services informés des traumatismes reconnaissent que le noyau de tout service est une relation authentique, authentique et compatissante (Klinic 2013). Les compétences culturelles qui imposent aux soignants et aux fournisseurs de soins le fardeau de l’apprentissage des traumatismes individuels, familiaux et communautaires et des traumatismes intergénérationnels sont aussi essentielles aux soins traumatisés plutôt qu’au client, qu’il s’agisse d’un individu, d’une famille ou d’une communauté entière. Faciliter la sensibilisation de la communauté à son histoire de traumatisme est reconnu de façon significative comme rentrant dans le cadre du développement communautaire.

Ressources :

  1. Formation sur le concept des pratiques sensibles aux traumatismes, programme de formation sur trois jours certifié, offert par la Thunderbird Partnership Foundation et le First Peoples Wellness Circle
  2. Thunderbird Partnership Foundation. (2012). Guide pour les intervenants autochtones sur les protocoles en matière de toxicomanie, traitement, interventions culturelles et guérison. Bibliothèque de documents de la Thunderbird
  3. CCLCT. (2014). Trousse d’outils sur les soins sensibles au traumatisme. ISBN 978-1-77178-171-8