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La culture comme fondement

La culture s’exprime de nombreuses façons chez les Premières Nations. Grâce à notre travail d’élaboration du cadre Honorer nos forces et du Cadre du continuum du mieux‑être mental des Premières Nations, nous avons appris qu’il existe des croyances et des concepts fondamentaux partagés au sein des Premières Nations. Ces croyances et concepts permettent de formuler une définition unifiée de la culture autochtone et sont présentés ci-après.

L’esprit

L’esprit est la caractéristique la plus fondamentale de la vision du monde autochtone. Dans cette réalité, l’esprit est logé dans un concept inclusif corps-esprit-cœur-âme. Dans notre vie dans ce monde terrestre, ces éléments fonctionnent ensemble comme un tout. L’esprit est l’élément central et fonctionne toujours en lien avec les autres niveaux de l’être. L’esprit est dans tout et pénètre tout, et ce, tout au long de la vie de toutes les choses. Dans la vision du monde autochtone, nous vivons dans un univers spirituel et dans une relation spirituelle. (Aîné Jim Dumont)

La culture est le facilitateur de l’expression spirituelle. L’esprit désire vivre à fond sa vie. Une connexion à l’esprit est essentielle et primordiale au bien-être. Les interventions culturelles s’avèrent donc essentielles au mieux-être. Les interventions culturelles comme les cérémonies portent sur la personne à part entière, alors que les autres interventions peuvent être plus ciblées.

Le cercle

Le cercle, est le symbole qui exprime le mieux la vision du monde autochtone. Le cercle est fondamental à la vie et au processus de la vie. Il est essentiel à notre relation à la vie, ainsi qu’à notre compréhension de celle-ci dans toutes ses dimensions et diversités. Les êtres humains, parmi les autres êtres, vivent en harmonie avec le flux vital et atteignent leur niveau d’accomplissement le plus élevé lorsque, eux aussi, ils respectent le mode circulaire de la vie. En raison de son importance primordiale, le cercle influence, de toutes les manières possibles, notre façon de percevoir le monde. Le cercle est synonyme de totalité. La totalité est la perception de l’essence indivise de choses. Voir en mode circulaire nous permet de comprendre l’interconnexion et l’interdépendance dans la vie. La totalité de la vie est le cercle de la vie. Le cercle nous rappelle que tout est connecté et fait partie d’un tout. Le jour est suivi de la nuit. L’hiver est suivi du printemps, puis de l’été et de l’automne, année après année. Si nous regardons, nous pouvons voir des modèles circulaires dans nos propres vies.

Harmonie et équilibre

L’harmonie est une valeur essentielle à la vision du monde autochtone, ce qui présuppose que la vie entière prend consciemment soin les uns des autres, mais en respectant l’autonomie de chaque personne, s’efforçant d’atteindre et de maintenir l’interrelation permettant de garantir la qualité de vie de tous. L’équilibre est un principe fondamental quant à la manière de fonctionnement de l’harmonie dans l’interrelation. La personne autochtone voit le monde comme une quête permanente et naturelle pour maintenir l’équilibre et la symétrie : toute chose finira par parvenir à une solution équilibrée. La valeur de l’harmonie fonctionne bien dans une telle vision du monde, car elle suppose que les gens ont tendance à se pencher vers ce même équilibre et par conséquent, ils désirent être en harmonie les uns avec les autres.

Le monde est en perpétuelle mutation, mais il travaille vers l’harmonie et l’équilibre. C’est un peu comme lorsque les gens chantent en harmonie. Les différentes voix individuelles se marient à merveille. Nous apprenons à nous équilibrer lorsque nous faisons du vélo. Nous vivons en harmonie et en équilibre avec notre famille, nos amis et nos voisins lorsque nous respectons les différences des uns et des autres et nous nous soucions les uns des autres.

Toutes mes relations

Tout ce qui est créé se préoccupe consciemment de l’harmonie et du mieux-être de la vie. Toutes les choses créées sont considérées comme étant des « personnes » et des « parents ». L’identité individuelle ne se limite pas aux personnes humaines, mais s’applique également aux plantes, aux arbres, aux animaux, aux pierres et aux forces visibles et invisibles dans la nature. Tous sont considérés comme étant des « personnes ». En leur qualité de personnes, ils possèdent les mêmes qualités et la même identité individuelle que les personnes, lesquelles, selon l’idéologie occidentale, sont normalement réservées aux personnes humaines. Une fois cette vision acceptée, la perspective dominante voulant que les autres espèces soient considérées comme différentes du genre
humain évolue vers celle d’une meilleure qualité d’être, où la nature des relations s’en trouve ramenée à un niveau d’éthique tout inclusif. Nous sommes tous liés les uns aux autres en tant que personnes et il nous incombe de maintenir de bonnes relations harmonieuses au sein de la « famille élargie » de personnes. Nous sommes connectés à toutes les choses : les gens, les plantes, les arbres, les animaux et les roches. Nous sommes tous liés les uns aux autres et devons nous occuper les uns des autres.

Bonté, compassion et respect

Un autre élément clé qui nous aide à comprendre la vision du monde autochtone est la reconnaissance du précepte fondamental : l’univers est fondé sur la compassion. Le Créateur se soucie de sa création. La Terre se soucie de toute vie qui en est issue et de toute vie terrestre. Les êtres au sein de la création se soucient les uns des autres et de la façon dont ceux‑ci se rapportent les uns aux autres dans un contexte d’interconnexion et d’interdépendance de la toile de la vie. Puisque ces éléments étaient présents à l’origine de la Création, celle-ci se soutient et prospère en raison d’une orientation fondamentale qui tend vers la bonté. La clé de l’harmonie dans une vie qui est conçue comme « toutes mes relations » est le respect. Le respect doit être compris comme l’honneur qui est dû aux interconnexions harmonieuses de toute la vie, dont une relation réciproque et interpersonnelle. La personne autochtone est prédisposée à considérer, pour son propre intérêt, le plus grand bien possible, non seulement pour la personne, mais aussi pour le bien commun.

La bonté et la compassion sont des cadeaux du Créateur dont notre esprit est porteur en arrivant dans ce monde à la naissance. Réfléchissez-y: nous sommes naturellement gentils et bienveillants. Lorsque nous entretenons ce don dans nos relations, nous apprenons le respect.

Lien à la Terre

Nous sommes tous apparentés parce que nous sommes issus d’une même Mère. Dans la pensée autochtone, la personne humaine est faite de la terre et elle en est issue. Comme tout le monde créé, l’être humain est une composante de l’équilibre dans la nature et doit trouver sa place particulière et interconnectée au sein de la totalité de la création. La personne humaine est apparentée à toutes les autres « personnes » de la Terre et, comme toutes les autres créatures, appelle la Terre, Mère. La Terre en elle-même est un être vivant, conscient, qui respire et qui est doué d’un cœur ou d’émotions, d’une âme ou d’un esprit, et d’une vie physique ou organique, comme le sont tous les autres parents de la Création. L’identité et les relations autochtones se définissent par rapport à la terre et au lien de ces dernières avec le monde naturel.

Le chemin de la vie

L’expérience de la vie dans le monde doit être comprise comme étant un voyage de l’esprit se déplaçant progressivement au sein d’étapes liées les unes aux autres et qui se suivent sans interruption. De la même manière, les vies sont liées de génération en génération comme des « chaînes de vie » nous reliant à nos ancêtres et à ceux encore à naître.

Les bébés apprennent à ramper puis à courir. Nous grandissons et déterminons notre but dans la vie et la manière dont nous pouvons contribuer à la vie qui nous entoure. Nous vieillissons. Nous ne sommes pas seuls dans notre voyage, car nous sommes connectés à nos ancêtres nous ayant précédés et à ceux encore à naître.

La langue

La langue d’origine est le moyen de communication le plus expressif de l’esprit, des émotions, de la pensée, du comportement et des actions du peuple. La langue est la voix de la culture et constitue donc le meilleur et le plus authentique moyen d’expression pour la transmission du sens de la vie depuis l’origine et de la façon d’être dans le monde.

La culture constitue l’expression, les modes de vie et la pratique spirituelle, psychologique, sociale et matérielle de cette vision du monde autochtone. Nos langues maternelles sont un cadeau sacré du Créateur. La langue est donc bien plus qu’un moyen de communication.

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